Oil&Gas

Grant Thornton anticipe la mise en œuvre du contenu local

Exploitation pétrolière et gazière

Grant Thornton et Evolen anticipent la mise en œuvre de la loi sur le contenu local

Le cabinet d’audit et de conseil, Grant Thornton, en partenariat avec Evolen, une plateforme qui regroupe 250 entreprises françaises et 1100 professionnels du secteur du pétrole et du gaz, ont offert au secteur privé sénégalais l’opportunité de mieux appréhender les enjeux liés au contenu local. C’était dans le cadre d’une rencontre qui a eu lieu le vendredi 29 mars dernier au Terrou Bi.

La rencontre organisée par Grant Thornton Sénégal en sa qualité d’ambassadeur de l’association Evolen, constitue une étape majeure pour un renforcement du partenariat avec le secteur privé sénégalais, dans la perspective de mise en œuvre de la loi sur le contenu local. Vu l’importance du sujet, les entreprises sénégalaises évoluant dans le secteur du pétrole et du gaz ont massivement pris part à l’événement pour trouver des partenaires stratégiques.

Une occasion pour le groupement d’entreprises françaises opérant dans l’industrie pétrolière et gazière en mission de prospection au Sénégal et en Mauritanie, pour vendre son expertise aux Sénégalais désireux de nouer des partenariats dans le domaine très pointu et exigeant du pétrole et du gaz.

D’ailleurs, Philippe de la Jousselinière, chargé des affaires internationales de ce réseau français, a mis en relief dans son intervention, la nécessité pour les entreprises sénégalaises de se conformer aux standards internationaux pour mieux se positionner et tirer pleinement profit des opportunités d’affaires et mieux cerner les enjeux liés au contenu local.

« Le pétrole est très normé, il exige une bonne éducation et une bonne discipline, un respect des valeurs et de la sécurité. Des Sénégalais ont besoin d’être formés et encadrés, les entreprises françaises sont prêtes à les appuyer dans leurs stratégies de développement.  Il ne faut pas uniquement se focaliser sur la formation des ingénieurs et géologues, ou alors des titulaires de Bac+ 5. Les techniciens de base, qui opèrent dans ce secteur, ont aussi besoin d’être outillés techniquement ».

Par ailleurs, l’occasion a été saisie pour remettre sur le tapis la lancinante question de la certification qui s’impose au privé sénégalais. Si pour des experts locaux, cette certification ne s’inscrit pas dans leurs priorités, pour Mansour Gaye, Directeur Général de Grant Thornton Sénégal, « les entreprises sénégalaises évoluant dans le secteur du pétrole et du gaz ont besoin d’être accompagnées. Car c’est un monde de certification. Elles doivent être conscientes de cette nécessité d’avoir une expertise reconnue au niveau international ». Il salue cette dynamique d’échanges impulsée par Evolen en faveur du secteur privé national qui doit se donner les moyens de bénéficier des retombées du gaz et du pétrole. « Avec le code pétrolier de 2019, les ressources pétrolières appartiennent désormais au peuple et non plus à l’Etat. Ce qui veut dire que la balle est aujourd’hui dans le camp des entreprises sénégalaises. Au-delà de cet événement, il y a le follow-up. Grant Thornton est à la disposition des entreprises sénégalaises et celles membres de Evolen pour répondre aux questions, fournir les données pour alimenter les business models, assurer une veille économique, juridique et fiscale, etc. »

Pour sa part, le Directeur du département Conseil du cabinet Grant Thornton, Cheikh Cissé a mis l’accent sur les avantages de la loi sur le contenu local, qu’il présente comme un prolongement du code pétrolier. Il invite les différents acteurs à s’imprégner de ce texte, un enjeu de taille surtout que, ajoute-t-il, tout investisseur désirant intervenir comme sous-traitant, prestataire de services ou fournisseur de biens et services dans le domaine des hydrocarbures, a l’obligation de collaborer avec les entreprises sénégalaises.

« Les gisements de pétrole et de gaz sont exploités sur le long terme. Ce serait dommage s’il n’y avait pas cette loi pour inciter ou obliger les entreprises étrangères à s’associer avec les entreprises locales par le biais de la création d’une société de droit sénégalais. Ce qui veut dire qu’elles vont ouvrir leur capital à des nationaux » a-t-il ajouté.  

Il n’en pense pas moins que les Sénégalais doivent se donner les moyens de relever les défis du contenu local qui a comme objectifs majeurs de créer un cadre légal incitatif et de fixer les règles relatives aux activités pétrolières et gazières. Il s’agira, en termes précis, de promouvoir l’utilisation des biens et des services nationaux, de favoriser le développement de la participation de la main-d’œuvre et de la technologie locales ainsi que du capital national.

Et dans cette optique, cette loi contenue dans le nouveau code pétrolier, qui promeut également l’équité dans le partage des revenus découlant des activités pétrolières et gazières, le respect des normes et standards internationaux de l’industrie pétrolière et gazière, est en passe de faciliter une participation progressive des Sénégalais dans les opérations pétrolières et gazières.

Les acteurs du secteur privé national, présents à la rencontre, ont magnifié cette démarche qui leur a offert une mine d’informations sur le secteur pétrolier et gazier.